LES SERVICES DE SÉCURITÉ
étatsuniens ont accusé successivement Fidel et Saddam d'être
responsables de « l'épidémie » du Virus du Nil occidental
(VNO). Et si le gouvernement des États-Unis était responsable de la
propagation du VNO en Amérique du Nord ? Connaissez-vous Plum
Island ?
Plum Island est une petite île au large,
d'Orient Point, à l'extrémité de Long Island, New York. C'est un
laboratoire à sécurité maximum du United States Agriculture
Department Animal Disease Research. Le USAD a acquis l'île du
Département de la Guerre à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec
le mandat d'étudier la fièvre aphteuse. « Le centre est le seul
endroit au pays où sont étudiées certaines maladies animales
exotiques hautement contagieuses » (site Internet du centre
www.ars. usad.gov/plum). La plupart des armes biologiques existantes
ont été conçues à partir de maladies animales, l'anthrax est en fait
la maladie du charbon du mouton. L'armée a construit son premier
laboratoire sur Plum Island, alors Fort Terry, au début de la Guerre
Froide, pour étudier les maladies animales qui pourraient servir à
détruire le cheptel russe (un p'tit bonjour à la vache folle en
passant). À la fermeture de Fort Terry en 1954, le USAD a hérité de
la « collection » de 134 variantes de 13 virus amassés par
les militaires pour en faire des armes. Si le VNO vient seulement
d'apparaître dans la population civile, on le trouvait dans les
laboratoires de recherche étatsuniens depuis plus d'un demi-siècle.
Vous pouvez même en commander par Internet.
Le directeur actuel de Plum Island est le colonel David L. Huxsoll, un expert en bioterrorisme, ancien commandant de Fort Detrick, Maryland, le plus important laboratoire d'étude sur la guerre biologique aux États-Unis. Selon les analyses officielles, la souche Ames de la maladie du charbon utilisée pour les attentats à la lettre piégée est sortie, on ne sait comment, de Fort Detrick. On sait par contre qu'en 1992, 27 échantillons d'anthrax Ames ont été « portés disparus » de l'inventaire de Fort Detrick » (The Hartford Courant 20-1-02). Mais ça, c'est une autre histoire. Dans les années 1980, sous la présidence de Ronald Reagan, le colonel Huxsoll était le principal défenseur de l'application de la technologie génétique à la « défense ». Huxsoll refuse d'admettre que les activités de l'armée violent la Convention sur les armes bactériologiques de 1972. Selon lui c'est la quantité d'agents pathogènes qui détermine s'il est question d'attaque ou de défense. Le colonel Huxsoll a aussi dirigé les équipes d'inspection d'armes biologiques en Irak en 1991 et en 1994, après la première guerre du Golfe.
Le Council for Responsible Genetics prétend pour sa part que les recherches de l'armée pour modifier génétiquement les virus ne peuvent être qu'offensives, puisqu'il est à peu près impossible de prévoir quel élément pathogène génétiquement modifié utiliserait un « État voyou ». Le développement d'un vaccin en même temps qu'une nouvelle souche de virus, n'a de sens que si on veut s'en servir pour attaquer. L'agresseur peut immuniser ses propres troupes ou sa population, et peut ensuite se servir du virus offensivement en toute sécurité. (Gene Watch, Council for Responsible Genetics, mai 2001).
La population locale se méfie de Plum Island. L'île est accessible uniquement par des traversiers gouvernementaux à partir d'Orient Point, Long Island, et de Lyme, Connecticut. Eh oui, Lyme comme dans « maladie de Lyme », ainsi nommé en 1977, lorsqu'un groupe d'enfants habitant à quelques km du quai du traversier de Plum Island développèrent une forme rare d'arthrite. En 1978, le virus de la fièvre aphteuse s'est échappé accidentellement des installations. Les employés ont été évacués, l'île isolée, tous les animaux abattus et incinérés, et un désinfectant a été vaporisé sur tout le territoire. En mars 1999, quelques mois avant que le premier cas de VNO soit diagnostiqué à New York, les installations de Plum Island ont subi une panne électrique totale pendant l'installation de câbles de fibre optique sous-marins reliant l'île au continent, alors qu'on y faisait des expériences sur certaines souches du VNO. Plusieurs personnes soupçonnent une relation entre les deux événements, puisqu'aucun cas de VNO n'avait jamais été diagnostiqué en Amérique du Nord.
Cette panne de courant peut en effet avoir eu des causes graves quand on sait comment fonctionnent les équipements de sécurité des laboratoires de Plum Island. Les agents pathogènes sont contenus à l'intérieur des laboratoires par pression négative. Autrement dit, les laboratoires sont scellés hermétiquement et dépressurisés. En cas de fuite, c'est l'air extérieur qui devrait s'infiltrer sous l'effet de la pression atmosphérique et non l'inverse. Les employés ont accès aux laboratoires par des sas, après une procédure stricte de décontamination. Certains joints entre différentes pièces d'installations sont scellés par des boudins pneumatiques pressurisés pour en assurer l'étanchéité. Le maintien de la pression négative nécessite de l'électricité, toute panne électrique met en danger la sécurité des installations.
Nos lecteurs savent que Le Couac n'a pas les moyens financiers d'envoyer un journaliste faire enquête sur place. Toutes les informations contenues dans cet article sont disponibles sur Internet pour qui sait chercher. Le docteur Patricia Doyle qui s'intéresse à Plum Island depuis l'été 1999, et dont on trouve les articles sur le net, n'a pas trouvé preneur lorsqu'elle s'est adressée aux grands médias. Au contraire, on a essayé de la faire taire. C'est pratique courante aux États-Unis, quand un journaliste enquête sur les agissements douteux du gouvernement. Si RDI, le réseau de la désinformation, dépendait un peu moins des nouvelles et des images de CNN, et si Christine Saint-Pierre, le perroquet de la Maison Blanche, se mettait vraiment au journalisme au lieu de se limiter à nous répéter la version officielle des faits, nous serions peut-être mieux informés !
Peu importe la multiplication des douaniers et des patrouilleurs armés, les frontières ne seront jamais assez « intelligentes » pour arrêter les oiseaux et les moustiques. Par contre si une enquête sérieuse venait à démontrer que les autorités sanitaires étatsuniennes ont été négligentes en manipulant des éléments pathogènes, pendant des expériences scientifiques à la limite de la Convention pour le contrôle des armes biologiques, les familles des victimes et les contribuables canadiens auraient la possibilité d'être dédommagés pour les torts subis.
À quand une enquête fouillée sur Plum Island par un grand média qui a les moyens financiers d'envoyer un « vrai » journaliste ?
Le petit bricoleur d'armes biologiques
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Amusez-vous bien !
JACQUES BOUCHARD